Autour du café

Ventilation en cuisine professionnelle : les obligations que beaucoup de restaurateurs découvrent trop tard

Par Marisa , le 24 mai 2026 , mis à jour le 24 mai 2026 - 6 minutes de lecture
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Ouvrir un restaurant, un café ou un food truck, c’est se confronter à un mur de réglementations. Parmi elles, l’extraction des fumées et des odeurs en cuisine est probablement celle qu’on sous-estime le plus. Le problème n’est pas que les textes soient flous. C’est qu’ils sont éparpillés entre le Règlement Sanitaire Départemental, le Code du travail et le règlement de sécurité incendie des ERP. Du coup, personne ne lit tout ; et le jour du contrôle, la surprise est rarement bonne. Que vous soyez en train de monter votre projet ou déjà en activité, un moteur de desenfumage adapté n’est pas un luxe : c’est le socle technique sur lequel repose toute la conformité de votre installation.

Ce que la loi exige

Trois corpus de textes encadrent la ventilation des cuisines professionnelles en France.

Le premier, c’est le Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT), articles 63 et 64. Il fixe les débits minimaux d’air neuf selon le nombre de repas servis : 25 m³/h par repas pour moins de 150 couverts, 20 m³/h entre 151 et 500, puis 15 m³/h au-delà. Les prises d’air doivent être placées à 8 mètres minimum de toute source de pollution, et l’air rejeté à 8 mètres de toute fenêtre ou prise d’air neuf. On parle bien de distances réelles, pas de distances « à peu près ».

Le deuxième, c’est le RSCI/ERP, le règlement de sécurité incendie pour les établissements recevant du public. Les articles GC14 à GC18 sont les plus importants. Ils imposent que tout local comportant des appareils de cuisson d’une puissance supérieure à 20 kW soit classé « grande cuisine » et équipé d’un système d’extraction mécanique capable d’évacuer fumées, buées et graisses. Les ventilateurs doivent résister à 400 °C pendant au moins une heure. Tous les conduits doivent être métalliques, rigides, et assurer un coupe-feu de traversée d’au moins 60 minutes. Le dispositif de commande manuelle pour le désenfumage doit être identifié par une plaque indélébile portant l’inscription « évacuation de fumées ».

Le troisième corpus, c’est le Code du travail. Il impose un renouvellement d’air de 60 m³ par heure et par travailleur dans les locaux où l’air est pollué par la cuisson. Mais il va plus loin : les filtres à graisse doivent être accessibles et nettoyables, les circuits d’extraction doivent être dégraissés intégralement au moins une fois par an, ventilateurs compris.

Food trucks, cafés, sandwicheries : mêmes règles, même rigueur

Beaucoup pensent que seuls les « vrais » restaurants sont concernés. C’est faux. Tout local commercial où des aliments sont cuits doit disposer d’un système d’extraction.

Un food truck qui fait de la cuisson sur place est soumis à l’arrêté du 25 juin 1980 et doit installer une hotte avec filtration des graisses et conduit d’évacuation externe, conformément à l’article CH 45. La norme européenne EN 16282 s’applique aussi, avec ses huit textes couvrant hottes, plafonds de ventilation et méthodes de calcul. Elle définit les exigences de conception, les tests de performance et les critères de sécurité pour chaque composant du système d’extraction. Pour un food truck, l’espace réduit complique l’installation, mais ne dispense de rien.

Un café qui propose des plats chauds, même un simple croque-monsieur ? Même obligation. Une crêperie à emporter sans extracteur ? Infraction. La Cour de cassation a d’ailleurs confirmé que l’installation d’un système de ventilation dans un local à usage de restauration relève de la responsabilité du bailleur, sauf clause contraire dans le bail commercial. Vérifiez donc votre bail avant de signer quoi que ce soit.

Entretien du système de ventilation : ce qu’on vous demande vraiment de faire

Installer un bon système ne suffit pas. Un système d’extraction mal entretenu devient non conforme, et surtout dangereux. Les gaines d’extraction encrassées sont la première cause d’incendie en cuisine professionnelle.

Concrètement, les obligations d’entretien sont les suivantes :

  1. Les filtres à graisses doivent être nettoyés chaque semaine.
  2. Les parties visibles des hottes doivent être nettoyées quotidiennement après chaque service.
  3. L’intégralité du circuit d’extraction, gaines et ventilateurs inclus, doit être dégraissée au moins une fois par an par un professionnel qualifié.
  4. Le tubage métallique du conduit d’extraction des vapeurs grasses doit être nettoyé par une entreprise qualifiée OPQCB.
  5. L’encrassement des filtres doit pouvoir être contrôlé en permanence.

Garder une trace écrite de chaque intervention est fortement recommandé ; c’est ce que les inspecteurs demanderont en premier. Un carnet d’entretien avec dates, nature des interventions et coordonnées du prestataire suffit. Sans ce document, prouver votre conformité devient très compliqué.

Nuisances sonores et voisinage

Le Code de la santé publique est clair : aucun bruit ne doit porter atteinte à la tranquillité du voisinage. Les systèmes d’extraction, les groupes frigorifiques et la climatisation sont les trois sources de plaintes les plus fréquentes pour les restaurants en zone urbaine. Sous-dimensionner son système de ventilation de cuisine pro pour économiser, c’est souvent se retrouver avec un matériel qui tourne à plein régime, donc plus bruyant, donc source de conflits avec les voisins. Et un voisin qui porte plainte, c’est une procédure qui peut aboutir à une obligation de remplacement total du système, à vos frais. Mieux vaut investir correctement dès le départ que de payer deux fois.

Ce qui se passe quand le contrôle arrive

Les contrôles de conformité sont effectués par les commissions de sécurité (pour les ERP) et par les services d’hygiène (DDPP). En cas de manquement, les sanctions vont de l’avertissement à la fermeture administrative temporaire, jusqu’à la mise en conformité complète. Pour les infractions graves, des sanctions pénales sont possibles. En cas d’incendie lié à un défaut d’entretien, la responsabilité civile et pénale de l’exploitant est engagée. Un food truck non conforme peut se voir interdire l’exploitation sur les marchés et événements publics.

Le plus simple reste d’anticiper. Faire appel à un spécialiste dès la conception du projet évite les mauvaises surprises. Vous trouverez des équipements conformes et des conseils techniques adaptés sur le site Ventil.fr pour la restauration profesionnelle, que ce soit pour choisir une hotte, dimensionner un système d’extraction ou trouver les pièces de rechange d’un moteur existant.

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Marisa

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